L'objectif de développement durable (ODD) 14.b appelle les États à garantir l'accès aux ressources marines et aux marchés pour la pêche artisanale.

Des mesures doivent être prises de toute urgence pour relever les principaux défis suivants, afin de garantir la protection et la restauration de la pêche artisanale et de faire en sorte qu'elle continue à contribuer aux économies, à la santé, à la culture et au bien-être des populations.

 
 

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Les femmes et les hommes de la pêche artisanale (PA) maritime et continentale contribuent de façon majeure aux moyens de subsistance, à l'emploi, à la sécurité alimentaire et aux revenus, en contraste avec leur marginalisation dans la prise de décisions. Les communautés de pêche côtière sont les utilisateurs de l'océan les plus nombreux.

Pour garantir la santé et la résilience de ces communautés de pêche, la PA a besoin d'un accès garanti et préférentiel à des océans et des écosystèmes sains afin de jouer efficacement leur rôle clé de gardiens de l'océan et en tant que contributeur à la sécurité alimentaire et la nutrition.

La PA demande aux gouvernements de remédier au manque de gestion scientifique, transparente et participative des pêches ; de répondre aux menaces posées par la pollution, la concurrence pour l'espace et les ressources par d'autres industries de l'économie bleue, et d’investir dans la gestion des ressources à long terme, la restauration des écosystèmes et les innovations introduites par les femmes et les hommes des communautés de pêche.

 

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Photo: Ivan Gutierrez/SPEA.

 

Nous appelons les gouvernements et leurs partenaires à construire des communautés de pêche artisanale résilientes en développant des plans stratégiques nationaux pour mettre en œuvre les actions suivantes d'ici 2030.

Ces plans doivent être financés de manière adéquate et guidés par les Directives de la FAO pour assurer une pêche artisanale durable et par d'autres politiques régionales pertinentes.

 
 
  • Les droits fonciers et d’accès aux ressources de la pêche artisanale doivent être protégés. Les femmes et les hommes de la pêche artisanale doivent participer efficacement aux décisions qui les concernent.

    • Accorder aux pêcheurs artisans des droits d'accès exclusifs aux pêcheries côtières, en fermant les zones côtières à la pêche industrielle et aux autres activités industrielles et en protégeant leurs droits fonciers, d'occupation, d'accès aux ressources ;

    • Garantir le consentement libre, préalable et éclairé pour toute nouvelle utilisation ou activité océanique, y compris à des fins de conservation et pour les zones marines protégées ;

    • Mettre en œuvre des systèmes de cogestion pour 100 % des zones côtières, en mettant en place des cadres juridiques spécifiques qui définissent clairement les rôles et les responsabilités des autorités et des pêcheurs et en fournissant le soutien approprié aux pêcheurs pour qu'ils s'engagent (y compris pour la surveillance participative, les périodes de fermeture de pêche, etc.) ; et

    • Garantir des moyens financiers suffisants dans les budgets nationaux annuels pour soutenir ces systèmes de cogestion.

 
  • Les femmes sont présentes à toutes les étapes de la filière artisanale et constituent le maillon essentiel de la chaine pour que le poisson arrive aux consommateurs. Mais leur travail n'est pas reconnu, leur contribution, notamment aux innovations, n'est pas valorisée et leurs conditions de travail et de vie sont désastreuses.

    • Donner aux femmes les moyens de s'organiser entre elles et de s’engager activement dans les organisations professionnelles existantes et dans les processus décisionnels, y compris pour les décisions concernant la gestion de la pêche ;

    • Donner la priorité aux investissements dans les services (tels que l'accès à l'eau potable, l'électricité, l'évacuation des eaux usées, les installations sanitaires sur les sites de transformation), dans les infrastructures qui améliorent les conditions de vie des femmes et de leurs familles, (telles que des logements décents, des crèches à proximité des sites de transformation), et dans la formation à l'utilisation des nouvelles technologies ;

    • Fournir un accès à la terre et au crédit pour soutenir l'innovation dans les techniques de transformation et de commercialisation (fours FTT, réfrigérateurs solaires) ; soutenir la formation pour accéder à de nouveaux marchés ; et développer la pisciculture à petite échelle pour compléter l'approvisionnement en matières premières ; et

    Supprimer les obstacles existants au commerce aux niveaux national et régional, en mettant notamment fin au harcèlement des femmes dans les sites de transformation, sur les marchés, le long des routes commerciales et aux contrôles frontaliers.

 
  • Les impacts négatifs des secteurs maritimes et terrestres plus puissants de l'économie bleue (production d'énergie offshore, pêche industrielle, exploitation minière en eaux profondes, tourisme, usines de farine de poisson, exploitation forestière) mettent en péril l'avenir des communautés côtières. L'approche de précaution, la transparence et la participation effective de la pêche artisanale devraient guider toute nouvelle utilisation des océans.

    N'autoriser ni ne soutenir aucune nouvelle utilisation des océans susceptible d'avoir un impact négatif sur les écosystèmes et les communautés qui en dépendent pour leur subsistance ; veiller à ce que le consentement libre, préalable et éclairé des communautés côtières soit appliqué ;

    • Développer, dans la plus grande transparence et avec la participation des communautés côtières affectées, des mécanismes (1) d'évaluation indépendante des impacts sociaux et environnementaux, (2) de consultation, d’une manière qui permette une participation informée et active des communautés de pêcheurs affectées, (3) de résolution des conflits entre les utilisateurs des espaces maritimes, et (4) de réparation des torts causés et de règlement des griefs judiciaires et administratifs ; et

    • Démontrer l'existence de financements adéquats dans les budgets nationaux pour l'application de la réglementation environnementale, y compris la mise en œuvre des lois et conventions internationales et régionales, avant que toute nouvelle utilisation des océans ne soit autorisée.

 
  • La volonté politique est nécessaire pour réformer de toute urgence les politiques et les pratiques de pêche qui garantiront le bien-être des communautés de pêche artisanale et profiteront aux économies nationales.

    • Etant donné que la pêche artisanale est négligée dans les statistiques officielles, et en particulier les femmes, il faut améliorer, d’une manière sensible au genre, la collecte de données et la diffusion d'informations sur le secteur, afin que sa contribution à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance, à l'utilisation durable de l'océan soit plus visible et valorisée ;

    • En raison du manque d'informations disponibles, le secteur de la pêche continentale est peu considéré dans les politiques nationales de la pêche. Il est nécessaire de mieux documenter la pêche continentale, ses contributions et les défis auxquels elle est confrontée, afin qu'elle puisse être reconnue et soutenue aux niveaux national et international ;

    • Publier, au minimum et conformément aux normes de l'Initiative pour la Transparence dans les Pêches (FiTI), toutes les informations pertinentes, y compris la législation, les autorisations de pêche, les données sur les captures et la justification des règlements de gestion ; et

    Rendre publiques toutes les informations sur les autres projets industriels relatifs aux océans, aux mers côtières et aux terres, y compris les textes des autorisations, des permis et des agréments, ainsi que les informations sur les projets d'aide étrangère et les nouvelles formes de financement de la conservation des océans, y compris les obligations bleues et les échanges dette-nature.

 
  • La PA est la première à subir les impacts du changement climatique et d'autres chocs externes, ce qui affecte l'avenir des jeunes des communautés qui veulent vivre de la pêche. La gouvernance de la pêche doit inclure la réduction des risques de catastrophes et la réponse aux urgences, l'accès aux droits sociaux, tels que l'éducation, la santé et la sécurité sociale, et doit garantir des moyens de subsistance décents dépendant de la pêche pour les jeunes.

    • Élaborer, avec les communautés de pêche, des politiques et des plans spécifiques d'adaptation au changement climatique et d'atténuation de ses effets, y compris des mesures de restauration pour garantir des écosystèmes marins sains, ainsi que des mesures de réduction des risques de catastrophe et d'intervention d'urgence ;

    • Soutenir les initiatives qui améliorent la résilience des communautés, notamment en les aidant à faire face à la pénurie de ressources, à réduire les pertes après récolte et à développer des alternatives d'approvisionnement dans le but d'offrir des perspectives de moyens de subsistance décents à long terme aux jeunes.

    • Garantir les droits sociaux dans la pêche artisanale, tels que l'accès à la sécurité sociale, à la santé, à l'éducation, à la sécurité en mer de manière à améliorer l'attractivité du secteur pour les jeunes.